Brutus est un semi grand danois semi boxer. Il est
affectueux et adore les gens, tout en étant très protecteur
pour les plus petits. Quant à moi, je me nomme Alain et,
souvent, certaines personnes me questionnent à savoir pourquoi
je fais de la zoothérapie avec Brutus.
Que puis-je répondre? Je ne le sais pas vraiment.
Peut-être est-ce parce que j’avais envie ou besoin de
me retrouver dans une activité où ce qui compte n’est
pas de performer ou d’arriver le premier, mais seulement d’être
là pour d’autres, de donner, d’accompagner Brutus
vers sa nouvelle assignation de vie.
Sa mission
Car, en fait, je crois que Brutus a quelque chose à accomplir
dans la vie. Le fait qu’il soit là n’est pas
un hasard, c’est peut-être son destin.
De ce que l’on sait, Brutus a été,
dès son jeune âge, maltraité. Arrive une famille
qui le prend en charge et ensuite Rémi qui prend la relève.
Rémi aura, toute sa vie durant, été au service
de son Église et des gens autour de lui. Nos enfants ont
tout de suite adoré Brutus lorsque Rémi nous l’a
présenté la première fois.
Lorsque la mission de Rémi sur terre a pris
fin, c’est notre famille qui a pris la relève pour
s’occuper de Brutus.
Un jour, j’ai vu l’annonce de la Société
de zoothérapie de Drummondville dans ce journal, et je me
suis dit… peut-être!
Le temps a passé et je me suis souvenu de
l’annonce. J’ai communiqué avec Louise qui, à
son tour, m’a mis en contact avec Nicole. C’est à
ce moment que mon implication dans l’organisme a débuté.
Ce que j’aime le plus dans la zoothérapie,
c’est que l’on voit et ressent sur le moment tout le
bien qu’apporte la présence de Brutus auprès
des personnes visitées. La brave bête sait aussi ce
qu’elle peut et ne peut pas faire en présence de ces
personnes, c’Est comme elle sait pourquoi elle est là.
Les gens sont heureux de voir arriver Brutus, de
le cajoler et de le caresser. Il s’établit alors un
climat de confiance entre la personne visitée, Brutus et
moi-même.
Personne, et aucun des trois d’ailleurs, n’est
alors au-dessus de l’un ou l’autre. Nous profitons tous
de la présence et du contact humain, base de toute société…
ce contact humain.
Que de plaisir lorsque je vois les visages s’illuminer
quand les gens voient arriver Brutus. Certains font même des
réserves de biscuits, à même leurs repas, durant
la semaine pour avoir le plaisir de lui en donner.
Ils ne demandent pas beaucoup, seulement un peu
de temps avec Brutus, pas besoin de grande conversation, car caresser
Brutus est tout ce qui compte.
Qui n’a pas rêvé d’avoir
un animal dans son enfance? Qui n’aime pas cajoler un chien,
un chat? Si je peux permettre de faire passer à ces gens
quelques bons instants avec Brutus, question pour d’oublier
certains petits inconvénients comme la maladie ou la souffrance,
j’aurai alors atteint mon objectif.
J’aimerais avoir plus de temps à donner
à la zoothérapie, mais celui-ci me manque. Maintenant,
ma fille m’accompagne et semble apprécier, elle aussi,
le temps passé avec les personnes visitées et Brutus.
Un jour, elle pourra, elle aussi, aller avec son animal donner de
beaux moments à des gens qui n’ont pas la chance de
certains d’entre nous.
Qu’est-ce qui fait donc que j’aime accompagner
Brutus à la zoothérapie? Je ne sais toujours pas,
peut-être est-ce aussi que j’en retire moi aussi un
sentiment de bienfait? Pourquoi ne serait-ce pas une thérapie
pour le propriétaire de l’animal lui aussi? Est-ce
si important de savoir pourquoi on le fait? Je ne pense pas. Le
plus important est de savoir que des gens profitent de cette présence
d’animaux auprès d’eux.
Dans l’histoire de l’humanité,
les humains ont toujours recherché la présence des
animaux. Ils ont toujours tenté de se rapprocher de la nature
et de la faune. Le résultat bénéfique de la
présence d’animaux est sans conteste.
Ce que j’ai découvert également,
c’est que les autres bénévoles de la zoothérapie
semblent en retirer, eux aussi, un plaisir et un bien-être
bienfaisant. Chacun part de son côté avec son compagnon.,
pas de grand cérémonie, de spectateurs ou de personnes
à impressionner. Ils ne font que rétablir le contact
entre des personnes et la vie.
Les animaux représentent la vie et les personnes
que je visite, malgré leur handicap ou leur maladie, se portent
mieux, sourient plus facilement, oublient pour un moment leurs souffrances
simplement parce que Brutus ne leur demande rien, si ce n’est
que de se faire caresser.
Pour Brutus, tous sont égaux. Il ne fait
pas de cas que la personne soit en chaise roulante ou clouée
dans un lit. Il est tout simplement heureux d’être le
centre du monde. De même, ces personnes sentent, elles aussi,
le bien qu’elles apportent à Brutus.
La relation est établie de façon instantanée.