CONFIDENCE
(par Louise Paré)
Tel un chat qui se pelotonne
Et fait son rond à la chaleur,
Ainsi je veux en mon automne
Un endroit où poser mon cœur.
J’aimerais y entendre rire
Les enfants que je n’ai pas eus
Et tout au long des jours, leur dire
Les contes que l’on m’aura tus.
S’il faut que je meure sans vivre,
J’aurai eu un jardin secret
Où le soir, me promener, ivre
Et attendre un amant discret.
Ma vie est une maison froide
Je n’aurai pas connu l’été.
Avant que de devenir froide,
J’aurais voulu avoir été.
Tout ce qui m’est donné en rêve
Et que je n’ai jamais touché,
Pourquoi faudra-t-il que je crève
Sans jamais l’avoir caressé ?
Je ne veux pas que l’on me plaigne :
Cela me blesse en mon orgueil.
Si je fais voir mon cœur qui saigne,
Je veux qu’on respecte mon deuil. |