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(2 mai 2003) PREMIER BOULOT : AIMER

Pour des adolescents autistes, les compagnons canins sont un lien vers la société.
Par Terri Perrin

Kyle Jorde, 18 ans, est l'image de la concentration alors qu'il s'affaire en classe à des exercices de calligraphie. Sa compagne de classe, Alison Jones, 19 ans, vient tout juste de rentrer d'un travail en projet communautaire.

Un premier regard pourrait les faire prendre pour deux des quelques centaines d'adolescents du Okotoks Composite High School, de Okotoks Alberta, mais les chiens à leurs pieds, portant l'exclusif sac à dos jaune et bleu vous détromperont.

Le chien de Kyle, Unity, est un Berger allemand de huit ans. Le compagnon d'Alison est un guilleret petit Welsh Corgi qui répond au nom de Quality. Se sont des chiens de travail -- ayant reçu un entraînement complet de Canine Companions for Independance (Compagnons Canins pour l'Indépendance).

Les deux adolescents souffrent d'autisme, un désordre cérébral qui les affecte depuis leur naissance. Cela les rend renfermés et leur cause des difficultées à interagir avec les autres personnes. Les simples aptitudes sociales que nous tenons pour acquises leurs semblent incompréhensibles. Ils détestent le changement, résistent à l'apprentissage, et se dérobent à toute démonstration d'affection.

Alors que leur apparence extérieure semble normale, les deux adolescents peuvent à l'occasion faire preuve de comportements bizarres et inusités. Et, bien que n'étant affectée d'aucun handicap physique apparent, les défis qui confrontent Alison sont multipliés par le fait qu'elle est muette.

Et c'est ici que les chiens entrent en action. Comme diplômés d'un programme d'entraînement intensif d'une durée de deux ans situé à Santa Rosa, Californie, les chiens agissent comme catalyseurs dans l'atteinte à l'indépendance des enfants.

Dans un monde où plusieurs personnes tourneraient le dos à ces enfants, les chiens leur donnent un amour inconditionnel. Ils sont un élément constant dans la vie des adolescents, à la maison et dans la communauté.

Des chiens spéciaux pour des personnes spéciales

L'histoire a commencé il y a sept ans lorsque l'ancienne éducatrice spécialisée, Karen Irvine, appris l'existence d'un programme appelé Canine Companiions for Independance (CCI)

Cet organisme fut l'un des premiers à mettre de l'avant l'idée d'entraîner des chiens spécialement élevés pour aider des gens avec des handicaps autres que la cécité. Alors que depuis les débuts de CCI en 1975, des centaines de chiens avaient été placés auprès de personnes handicapées aux États-Unis, aucun de ces chiens n'était jamais venu au Canada. Irvine prit les dispositions pour changer tout cela.

Elle apprit que CCI entraînait des chiens de services pour des gens ayant des handicaps physiques, des chiens spécialisés pour les personnes ayant des handicaps multiples, des chiens entendant pour les personnes sourdes ou ayant des difficultés à entendre, et des chiens sociaux, le genre dont Alison et Kyle ont besoin. Ce type de chien travaille avec des personnes convalescentes, autistes, ou qui ont dès désordres de développement. Les chiens procurent l'interaction aimante et sans jugement connue sous le nom de thérapie assistée par l'animal.

Bien qu' il en coûte environ 10 000 $ (U. S.) pour entraîner un Compagnon Canin, les candidats ne paient que 125 $ de frais pour « louer » le chien pour la vie.

Grâce au support financier de la communauté de Okotoks, les parents et les professeurs de Kyle et Alison purent les accompagner au camp d'entraînement spécialisé d'une durée de deux semaines à Santa Rosa -- connu à la blague sous le nom de « camp des bleus de Bonnie » d'après la fondatrice de CCI Bonnie Bergin -- où les candidats font connaissance avec leurs chiens.

Alors que les chiens de services doivent aider physiquement leurs maîtres handicapés, les chiens sociaux offrent un support émotif. Le chien se blottira, donnera des bisous, fera des câlins sur demande... toutes caractéristiques qui viennent tout naturellement à un chien qu'on aime beaucoup. La différence ici c'est que l'amour n'est pas volontiers rendu par de les enfants introvertis.

À la troisième journée, les participants reçoivent le chien choisi pour eux par le directeur du programme et, après de nombreuses heures longues et quelquefois frustrantes, quatre examens écrits et plusieurs sorties à l'extérieur, la session d'entraînement tire à sa fin. La cérémonie de remise des diplômes pour les enfants de Okotoks eut lieu le 27 mai 1985 -- 12e anniversaire de Kyle -- et la troupe revint chez soi siuvie de deux Compagnons canins.

Une influence qui se répand

L'actuelle enseignante de secondaire de Kyle et Alison, Joan Burke, est fermement convaincue que la présence des Compagnons canins a contribué à rendre les autres élèves de l'école conscients du fait que certaines personnes sont différentes et ont besoin d'apprendre de façon différente.

« Avoir les chiens à l'école encourage les étudiants à s'avancer et à demander quelles tâches ils accomplissent pour Kyle et Alison. Cela permet de briser la glace, de façon ce que nous puissions expliquer ce qu'est l'autisme. Nous leur apprenons que les personnes souffrant d'autisme sont des personnes comme les autres -- il leur manque tout simplement les aptitudes sociales nécessaires pour interagir avec les autres » ajoute Burke.

Contrepartie canadienne

Un an après que Kyle et Alison eurent leurs chiens, Karen Irvine a quitté son emploi à l'école élémentaire Percy Pegler (où elle avait découvert les deux enfants) pour débuter sa propre famille. Mais son intérêt et son enthousiasme pour les CCI

La formation d'un Compagnon Canin

Les Compagnons canins pour l'indépendance naissent en vue d'une tâche : aimer. leur vie début dans des chenils spécialisés ou seuls les chiens dont la forme physique et mentale est la meilleure sont accouplés pour produire de futures générations de chiens de travail.

Alors que les Pembroke Welsh Corgis et les Border Collies sont des chiens de signalisation, la majorité des chiens entraînés de nos jours sont des Golden Retrievers et des Labrador Retrievers. Les mâles et les femelles sont utilisés. Ils sont castrés vers l'âge de six mois.

À huit semaines, les chiots sont placés sous la responsibilité d'éducateurs bénévoles pour les prochains 18 mois. Ces personnes doivent familiariser les chiots à une variété de décors, de bruits, d'odeurs, de surfaces et d'activités stimulantes. Ils doivent aussi suivre des classes d'entraînement données par des instructeurs de la CCI pour commencer à enseigner au chien les quarante commandements d'obéissance de base.

Les chiens reviennent alors au centre CCI où ils suivent un entraînement additionnel d'une durée de six mois. Une fois que les chiens ont complété le programme de deux ans on les apparie avec un candidat à qui ils conviennent.

Un compagnon canin peut travailler environ neuf ans. Une fois à la retraite, les chiens sont gardés par leurs maîtres comme animal de compagnie ou ils sont réunis avec le maître bénévole qui les a élevés lorsqu'ils étaient chiots.

Le CCI, un organisme à but non lucratif, a actuellement des centres de formation à Santa Rosa, San Diego, en Ohio, à New York, en Floride et un centre satellite à Richmond, Colombie Britannique.

Source : Dogs in Canada Annual 1992

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