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De petits moments de bonheur en compagnie de minou et pitou
Un bénévole vous parle - Alain Boisvert

(2 mai 2003) LES CHIENS REMPLACENT LA MORPHINE AU CHUL.

Quand Lydia Lafleur-Leblond sait qu'elle passera la journée avec Litchl, les yeux de la petite-fille brillent de joie, un large sourire illumine son visage. Elle en oublie son cancer et l'hôpital.

« Pour Lydia, Litchl c'est mieux qu'un bocal de morphine ou de vitamines », résume sa maman, Sylvie Leblond.

Hospitalisée au CHUL, Lydia souffre d'une récidive d'un cancer du rein. Chirurgie, radiographies, chimiothérapie. « En novembre, Lydia était mal en point. Il n'y avait rien pour la faire sourire », se rappelle Sylvie Leblond. Sauf Litchl, la petite chienne blanche et rousse, au regard affectueux.

« Quand Lydia est avec Litchl, elle oublie qu'elle est malade. Elle ne se rend même pas compte quand les infirmières entrent pour lui donner ses médicaments. La fin de la journée arrive trop vite », explique Sylvie Leblond.

Le CHUL. a inauguré, hier, un projet pilote unique en Amérique : des chiens, triés sur le volet bien sûr, passent toute la journée à l'hôpital, sous la responsabilité d'un enfant malade et de ses parents. Depuis l'automne, les enfants peuvent bichonner, gâter, câliner l'un ou l'autre des sept chiens -- chiennes plutôt -- choisies pour cette expérience.

L'activité se déroule dans une chambre spéciale du 3e sud-est, décorée avec soin, est dotée d'une antichambre afin d'empêcher les poils de chien de se répandre dans l'unité pédiatrique.

L'expérience est unique parce que l'enfant passe la journée complète avec l'animal, plutôt que quelques heures, et sans la présence du maître, comme c'est le cas à Denver au Colorado.

Trois jours par semaine, l'une ou l'autre des 7 chiennes servent « d'outils thérapeutiques » aux infirmières du 3e sud-est. Le maître laisse sa chienne à hôpital le matin, la reprend le soir. Des bénévoles emmènent les bêtes à l'extérieur pour leurs besoins.

À l'origine, 90 chiens se sont présentés pour participer au projet de zoothérapie. Seulement 7 ont été retenus. « Nous avons choisi le chien parce qu'il est moins allergène que le chat ou l'oiseau », explique la vétérinaire Lucie Paradis.

Elle a testé les bêtes tant au niveau de leur santé (analyse des selles pour les protozoaires, prélèvement de la gorge pour les streptocoques) que de leur comportement. Les chiens choisis seront testés deux fois l'an.

« Ça me fait plaisir de partager ma chienne (une Labrador prénommée Lili) explique Hélène Binette. C'est impressionnant de la voir. Elle se dirige instinctivement vers la personne malade, comme si elle sentait qui dans un groupe a besoin de son affection », explique la jeune femme, qui, depuis trois ans, apporte son chien à la maison Michel-Sarrazin et maintenant au CHUL.

Pour l'infirmière France Bouchard, la zoothérapie est un véritable outil thérapeutique. « La présence du chien permet à l'enfant de vivre une expérience près du quotidien, de créer à l'hôpital une atmosphère familiale, de réduire le stress. Pour les enfants, l'hôpital est un milieu austère. Ils sont coupés de leur monde. Ils perdent leur vie d'enfants ».

Déjà, les enfants hospitalisés au 3e sud-est ont eu droit à 23 jours de présence de l'un ou l'autre chien, « et ils en redemandent. Avec le chien, c'est comme s'ils n'étaient plus à l'hôpital », dit Mme Bouchard.
Le projet de zoothérapie est une initiative des infirmières de CHUL. Il a été réalisé grâce a beaucoup de bénévolat et de commandites.

Source : Le Soleil, 2000,

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