Témoignages

Brutus, une thérapie pour tous
De petits moments de bonheur en compagnie de minou et pitou
Un bénévole vous parle - Alain Boisvert

(29 octobre 2002) LES ANIMAUX COMPAGNONS ...

Aaron Honori Katcher
Université de Pennsylvanie

...Il demeure cependant utile d'étudier l'effet des animaux familiers sur des paramètres de santé physiologique ou psychologique: par exemple, il est habituellement admis que tout facteur produisant une baisse de tension artérielle puisse avoir une influence favorable sur la santé, sans démontrer que cela influence les schémas de mortalité ou de morbidité. La pratique de la méditation, ou la "réaction de relaxation" (Benson, 1980) est une façon admise pour la prévention ou le traitement de l'hypertension, mais il n'existe aucune étude démontrant que ces méthodes de relaxation allongent la vie. Nous avons étudié l'influence d'animaux compagnons sur la tension artérielle chez des adultes en santé aussi bien que chez des hypertendus (Katcher 1981, Katcher, Friedman et Beck 1982, Katcher 1982). Ces études ont fourni les informations suivantes:

· 1. Lorsqu'une personne parle à une autre personne, il se produit presque toujours une hausse de la tension artérielle. Ces hausses sont parfois très prononcées, portant même la tension du sujet au niveau de l'hypertension. Par contre, lorsque les personnes parlent à leurs animaux, la tension artérielle demeure la même, et peut même descendre sous le niveau enregistré lorsque le sujet se repose tranquillement.

· 2. Lorsque les gens parlent aux animaux, ils les touchent aussi. Le toucher est un moyen de communication qui peut être très efficace pour réduire le stress. Lors d'études précédentes auprès de malades d'une unité de cardiologie récupérant d'infarctus du myocarde, on démontrait que le simple fait de toucher un malade pour prendre son pouls, modifiait le rythme cardiaque et changeait la fréquence des battements de coeur anormaux (Lynch et al, 1977).

· 3. Le type de langage utilisé avec les animaux est plus lent, plus doux et à tonalité élevée, et les enfilades de mots sont plus courtes. Cette forme de langage est liée aux tensions artérielles basses.

· 4. Il a été démontré que, la simple présence d'un animal compagnon, sans aucun contact direct, rend l'environnement expérimental plus sécurisant et résulte en tensions artérielles enregistrées, plus basse. Introduits dans un décor expérimental, les enfants enregistraient des tensions artérielles plus basses lorsqu'un chien était présent avec l'expérimentateur, que lorsque l'expérimentateur était là seul avec eux. Lorsque les enfants étaient assis tranquilles, et lorsqu'ils étaient occupés à la tâche légèrement stressante de lire à haute voix, la tension artérielle était plus basse en présence du chien.

· 5. Tout phénomène attirant notre attention vers l'extérieur, l'éloignant de nos ennuis et soucis personnels, peut diminuer la tension artérielle. Les techniques de méditation fixent le regard ou l'attention d'une manière formelle, pour interrompre la réflexion et réduire le stress. Nous avons démontré que, de la même façon, les objets vivants attirent l'attention et interrompent la réflexion. Chez des sujets hypertendus aussi bien que chez des sujets normaux, la contemplation d'un aquarium de poissons tropicaux peut diminuer la tension artérielle de façon significative. Les diminutions produites par le biofeedback et la méditation, atteignent la même amplitude. Les aquariums ne sont pas qu'un objet visuel pouvant réduire le stress, ils offrent un débouché à l'activité importante de prendre soin d'un autre, et ils sont un pont vers les autres personnes.

En plus de ces découvertes, nous avons observé que l'interaction avec les animaux est caractérisée par une combinaison réconfortante particulière du toucher et du langage, qui est en fait une définition de l'intimité. Les intonations verbales et les expressions faciales ressemblent à celles qu'utilisent les amoureux ou les mères avec de jeunes enfants. La capacité des animaux à donner cette sensation d'intimité, permet une autre conclusion: nous croyons que les animaux compagnons peuvent améliorer la résistance à la maladie, de la même façon que la compagnie humaine semble améliorer la santé. Il a été démontré que la compagnie humaine a une grande influence sur la santé: les personnes célibataires, veuves ou divorcées ont, selon les groupes d'âge spécifiques, des taux de mortalité et de maladies chroniques plus élevés que les personnes mariées (Lynch, 1977). De plus, la perte d'un membre de la famille peut augmenter les taux de mortalité et de maladie, au cours des quelques premières années suivant cette perte.

Il est sans doute superflu de vous rappeler que de nombreux résidents de milieu urbains considèrent les chats et les chiens qu'ils gardent comme animal familier, comme des membres de la famille. Les sujets sont tout à fait clair à déclarer que l'animal a, au sein de la famille, le statut d'un enfant. Cette déclaration est de plus supportée par d'autres comportements: tout comme pour les enfants, on reproduit les animaux de compagnie en photos; ils couchent dans le lit ou la chambre à coucher, apportant une compagnie constante durant tout le cycle quotidien. On leur parle comme à des personnes et, dans un nombre significatif de circonstances, ils servent de « confidents muets ». Tout spécialement durant l'adolescence, ou à la vieillesse, lorsque les gens sont isolés par suite du décès de parents ou d'amis, les animaux peuvent devenir l'unique compagnon intime.

Plusieurs personnes âgées perdent des animaux familiers, non à cause de la mort de l'animal, mais parce qu'elles sont forcées d'abandonner leur logement ou qu'elles ne peuvent avoir accès à un logement public à cause de l'animal. Etre forcé d'abandonner un animal compagnon peut être une source de stress grave menant à la dépression, à la maladie organique, ou même au suicide. La personne âgée devant abandonner un animal compagnon, subit une double perte: elle perd le réconfort de l'animal et est exposée au stress grave de la dépression qui suit cette perte.

On retirerait un gain thérapeutique direct de lois protégeant les droits des personnes âgés à garder les animaux familiers qu'ils ont déjà.

De nombreuses recherches épidémiologiques ont été menées, examinant l'influence sur la santé des conditions sociales et des états psychologiques et émotifs. Sauf celles dont nous avons parlé, aucune de ces recherches n'ont reconnu l'existence des animaux familiers (ou tout autre aspect de l'environnement vivant, autre qu'humain). Quoi qu'il en soit, on peut découvrir dans tous ces travaux les fonctions accomplies par les animaux familiers. Fonctions qui pourraient être capables d'améliorer la santé de leurs propriétaires, la compagnie en étant un exemple. (Katcher & Friedmann, 1980). En plus de la compagnie, nous avons fait une liste de huit autres fonctions remplies par les animaux compagnons, dont on s'attend qu'elles améliorent la santé. Ce sont:

· 1) quelque chose qui vous garde actif;
· 2) quelque chose dont on doit s'occuper;
· 3) quelque chose à toucher;
· 4) quelque chose à regarder;
· 5) quelque chose qui vous donne un sentiment de sécurité;
· 6) quelque chose qui apporte un stimulus à l'exercice;
· 7) quelque chose qui apporte un stimulus au jeu et au rire;
· 8) quelque chose qui donne une constance à la vie...

Source : (extrait de la brochure : LES ANIMAUX COMPAGNONS SONT-ILS BONS POUR VOTRE SANTÉ? UN EXAMEN DE LA PREUVE

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